Intelligence artificielle faible et forte : Quelle différence ?

Intelligence artificielle faible et forte : Quelle différence ?

9 juillet 2018 3 Par KindleTune

Vous entendez parler en permanence de l’intelligence artificielle, cette mystérieuse technologie qui va révolutionner le numérique. Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que l’intelligence artificielle est désormais plus un argument de vente qu’autre chose, et nous allons en voir les 2 types majeurs, ainsi que leur application dans la vie courante.

L’intelligence artificielle dite «faible»

Les assistants utilisant de l'intelligence artificielle Siri d'Apple, Alexa d'Amazon, Google Assistant et Cortana de Microsoft.

La voilà, l’«intelligence artificielle» que l’on trouve dans les appareils photos ou mobiles récents. C’est également de l’intelligence artificielle faible qu’utilisent les technologies comme Siri d’Apple, Google Assistant ou Alexa d’Amazon. Mais alors, pourquoi faible ? Tout simplement car en réalité elles ne sont pas véritablement intelligentes. Les assistants vocaux cités ci-dessus ne font que réagir à certains mots-clés formulés dans les requêtes pour vous fournir la réponse adéquate.

Si vous leur demandez : «Quel temps fait-il à Paris ?», il détectera les mots temps et Paris, ainsi que le point d’interrogation indiquant une question. Il va donc simplement récupérer les informations météorologiques de la ville de Paris. Essayez cette fois de lui demander : «J’ai trois manteaux jaunes, j’en retire un, combien ai-je de manteaux jaunes ?». Il y a de fortes chances pour qu’il vous réponde qu’il ne peut pas vous aider ou qu’il vous lance une recherche internet pour tenter de s’éclipser en douce… Un vrai humain, lui, véritablement intelligent, aurait pu aisément vous répondre : «Il reste deux manteaux jaunes».

Ce qu’il faut retenir, c’est que toutes ces technologies réagissent à des situations prévues à l’avance. Il y a un humain qui a pensé à des questions telles que «Comment t’appelles-tu ?» ou «Es-tu stupide ?» avant vous ! Et toutes les réponses ont naturellement été prévues à l’avance. Autrement dit tous ces assistants vocaux consultent une immense base de données remplies de requêtes possibles, et trouvent la réponse à votre question à l’intérieur, car elle a déjà été pensée par un autre avant vous. Il tente en somme d’être parés au maximum de cas de figure possibles. Sauf que, quand on rentre dans du plus précis et du plus complexe, l’intelligence artificielle n’a jamais vécu cette situation et personne ne lui a dit quoi répondre avant vous. Problème, ça coince, et ça se ressent directement dans la réponse. Elle est complètement programmée par des humains et ne peut pas se débrouiller hors des limites, voilà pourquoi on parle d’intelligence artificielle faible.

Certains smartphones récents prétendent quant à eux être dotés d’intelligence artificielle. Comme dit en début d’article, cela n’est devenu qu’un argument marketing. Désolé de vous décevoir, mais votre smartphone n’est pas intelligent, et n’ajuste que quelques paramètres en fonction de capteurs de lumière, température, etc. Ce qui existe depuis longtemps et était simplement appelé sous un autre nom…

Et l’intelligence artificielle forte ?

Illustration d'une intelligence artificielle dite forte.
L’intelligence artificielle forte n’existe malheureusement pas encore. Qu’est ce qu’une intelligence artificielle forte ? Si je vous dis Terminator, ou bien Wall-E ? Une intelligence artificielle forte est capable d’apprendre véritablement des choses, d’apprendre à apprendre. On parle d’expression des sentiments et de conscience de soi, comme un véritable être humain. Seulement, la complexité du travail laisse penser que ce n’est pas pour tout de suite, on ne maîtrise même pas toutes les particularités d’un cerveau humain.

J’ai entendu parler du machine learning, ça signifie que les intelligences artificielles sont devenues fortes, non ? Puisqu’elles peuvent apprendre…

Raté ! Ne vous fiez pas au terme anglais learning qui signifie apprentissage. Le machine learning consiste en le fait de bourrer le «crâne» de l’intelligence artificielle de possibilités, pour qu’elle puisse rapprocher l’une d’entre elles à une nouvelle et en faire une déduction. Par exemple, on lui fait analyser les pixels de 1000 photographies de chien et de 1000 photographies de perroquet. Après cela, l’intelligence sera capable dans la plupart des cas de faire le choix correct en analysant les pixels d’une image de perroquet ou de chien. L’enjeu est de dire «C’est un chien» ou «C’est un perroquet» en fonction de l’image, avec le plus de justesse possible. Et naturellement, plus elle ingère d’images, plus elle sera capable de déterminer avec précision le bon animal par la suite, via un système de score et de probabilités. Cela reste donc une intelligence artificielle faible, puisqu’elle est parée à toujours plus de cas de figure possible.

Ce qu’il faut retenir

Vous l’aurez compris, il faut se méfier du terme «intelligence artificielle» utilisé en ce moment de manière presque abusive. La vraie intelligence artificielle n’existe pas encore. Les outils actuels ne se contentent que de capter certains mots dans vos requêtes et vous renvoyer une réponse programmée et prévue à l’avance pour ces mots. Nous ne sommes qu’aux débuts de cette technologie que nous ne maîtrisons pas encore, et il faut prendre tout cela avec du recul et ne pas partir dans un enjouement naïf. Toutefois, avec du progrès, cela peut se révéler un outil précieux dans la vie du quotidien, reste à savoir quand il arrivera à maturité…